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13/04/2015

Serviè-en-Val : Le trésor gaulois.

477_001[1].jpgServiès se trouve à l'entrée d'une dépression appelée le Val de Dagne. Ce nom qui rappelle celui d'une petite ville proche de Narbonne, Villedaigne, pourrait bien dériver de Vallis Dianoe(le vallon de Diane).

A l'instar de cette même domination que l'on retrouve dans les Ardennes, il faut croire que ce nom choisi par les Gaulois eux-mêmes pour une forêt, se justifiait dans les Corbières par des coteaux garnis de bois et des sources plus abondantes qu'elles ne le sont de nos jours. C'est dans ce décor à consonnance mytho­logique que le  18 juillet 1839 un agriculteur de Serviès, M. Joseph Espinet, a mis au jour un ensemble de bijoux de la période celtique.
La découverte eut lieu à 600 mètres envi­ron du château de Servies, près de la source de la Tuile.

Depuis une trentaine d'années déjà, les paysans de l'endroit s'employaient à défri­cher peu à peu le coteau de laIMG (4).jpg Courtine. C'est sur le versant sud, à peu près au tiers de sa hauteur, que la trouvaille se produisit. On ne sait pratique-ment rien des circons­tances exactes qui entourèrent cette trou­vaille, sinon qu'elle eut lieu pendant un labourage. En échange, on dispose de la description précise des bijoux découverts. Il y avait trois barres carrées, longues de 45 cm, épaisses de 2 mm, tordues en spirales,- ces barres étaient recourbées aux extré­mités, formant des crochets de 3 cm de long; une barre de 45 cm, ayant 4 mm de section, travaillée en torsade, repliée aux extrémités en crochets de 4 cm s'adaptant l'une à l'autre; une barre de 50 cm de longueur, 6 mm de section, à corps hélicoïdal, recourbé à ses bouts en crochets de 5 cm de longueur; un torque, long de 65 cm, sorte de barre ronde travaillée en hélice, d'une section supérieure à 6 mm. Les crochets terminaux étaient renflés vers le milieu de leur dévelop­pement et ornés à cet endroit de quatre raies circulaires; la longueur des attaches aurait atteint jusqu'à 9 cm. Ces objets, en or, estimés par la suite au titre de 23 carats (l'or pur titre 24 carats), furent trouvés entiers ou brisés, mais re­pliés plusieurs fois sur eux-mêmes et liés entre eux en forme de faisceau. Il apparaît que les petites barres d'or étaient destinées à être converties en brace­lets ou torques. La pièce ouvragée qui fut trouvée semble la confirmation de cette impression.

C'est par erreur qu'il a été écrit par la suite que ces six pièces avaient été fondues. En réalité, elles passèrenttorque[1].jpg entre les mains d'un M. Marguier (les avait-il achetées à l'inven­teur ?) qui les revendit à un amateur d'objets anciens de Carcassonne, M. Auguste Escudié. Il est vrai qu'on ignore tout de ce que devint par la suite ce trésor. Il ne nous en reste plus que le dessin. Ce dessin, d'ailleurs que M. Cros-Mayre­vieille publie à la suite de son mémoire sur le trésor de Servies, comporte la représen­tation de trois monnaies, avers-revers. On sait, en effet, que dans le même temps où furent trouvés le torque et les ébouches, des monnaies lurent recueillies à environ 4 km de là, en un lieu appelé Lacam. C'étaient des pièces légèrement antérieures à la période romaine. Elles étaient du type dite à la croix ou à la roue. On ne sait combien il y en avait. M. Cros-Mayrevieille put s'en faire remettre six. « Parmi les médail­les qui ont été trouvées à Lacam, écrit-il, quatre  sont sans revers, ou avec des revers sur lesquels il est impossible de ne rien distinguer; sur l'un des côtés on voit la croix, la hache, l'annelet, le croissant, la bulle et l'olive, objet qu'on définit par leur forme et non par leur destination, ou la connaissance de l'usage auquel ils s'appli­quaient ».
Les deux autres monnaies lui ont paru plus représentatives : "l'une, à l'avers, présente la hache, le croissant, l'olive; au revers, la fleur de lotus (nenufar ou nymphée). L'au­tre, même avers; au revers, partie detête d'un travail très grossier." Ce sont ces pièces de monnaie que le dessinateur a reproduit sur son ouvrage. La troisième qui y figure fut trouvée tout à côté de la trouvaille des lingots. "Cette médaille d'or, pécise-t-on, est convexe d'un côté et concave de l'autre". Elle était alors la propriété d'un M. Auguste Aribaud, orfèvre à Carcassonne.
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SOURCE DOCUMENTAIRE : Cros-Mayrevieille, Mémoires sur des torques-cercles gaulois trouvés à Serviés-en-Val (Aude), in Mé­moires de la société archéologique du Midi de la France, t. 3, 1840).

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