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08/04/2015

Douzens : A la recherche de Liviana.

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Douzens. C'était une moenia (métropole fortifiée) fondée sous le règne de l'empe­reur Auguste. Pour l'honorer, on lui donna le nom de sa femme Livie, Liviana. A quel moment cette localité disparut-elle du paysage ? On ne saurait le dire. Force seulement est de constater qu'elle figurait sur la Table de Peutinger, copie d'une carte du IIIe et du IVe siècles de notre ère, aussi bien que sur la carte Théodosienne (Ve siècle).
Elle y était successivement représentée comme une des étapes impor­tantes entre Narbonne et Carcassonne. Abusés par l'euphonie du nom, quelques historiens du Languedoc ont cru y voir le lieu où fut retenu captif, vers l'an 475, le poète Sidoine Appollinaire. En fait, ce n'est pas à Liviana que le roi wisigoth Euric le garda prisonnier, mais à Llivia, petite ville française de Cerdagne enclavée en terri­toire espagnol.

 Longtemps, on chercha à fixer la position de l'antique Liviana. On la situa successi­vement à Marseillette, Capendu et, plus fréquemment, à Lézignan. On croyait que le nom de cette ville était une corruption de celui de Liviana.
C'est finalement le petit village de Dou­zens, qui sembla le mieux correspondre aux indications fournies. On s'appuya encore pour s'assurer de cette localisation sur un récit décrivant la transla­tion des reliques de saint Vincent, portées en 863, de Saragosse à Castres. Il y était raconté, en effet, que Dieu opéra divers miracles sur la route par l'intercession de ce saint, et notamment à Livia, près de Carcassonne, dans l'église de cette ville qui portait le nom de ce saint. Or, si l'on tient compte du trajet emprunté dans le secteur, seule l'église de Douzens est consacrée à saint Vincent.
D'ailleurs, depuis longtemps un vaste es­pace situé à l'Est du cimetière communal, au lieu-dit le Viala, livrait toutes sortes de débris antiques. Il était à peine besoin d'en fouiller la terre pour y retrouver des ruines éparses.

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Au milieu des années 1930, un certain M. Barthès, de Douzens, aimait à présenter sa collection d'antiques qu'il glanait sans effort du côté du Viala. En 1933, encore, le docteur Charles Boyer, médecin à Douzens, montrait volontiers à qui l'en sollicitait les derniers restes de la vieille ville : deux tours ruinées, un puits profond et des tronçons de canalisations. De nos jours, il ne reste plus rien en apparence, sinon un monticule de vieilles pierres le long de la nationale, à la hauteur de Douzens. Liviana, située entre la voie de chemin de fer et l'autoroute, fait désormais place à de longues rangées de pieds de vigne. Déjà, en 1965, lors de la construction tronçon  Toulouse-Narbonne, M. Yves Solier, conservateur du Musée de Narbonne, déplorait que les travaux en cours fassent disparaître toute la partie Sud du site, "gîtes d'étapes gallo-romains où furent découverts d'intéressants vestiges".

Commentaires

http://voies.archeo-rome.com/voies04.html

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Écrit par : val | 09/04/2015

Merci pour ce lien pertinent. Je l'avais vu également. C'est vrai, j'aurai dû le rajouter.

Écrit par : Vallet | 10/04/2015

Les commentaires sont fermés.