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31/03/2015

Caunes-Minervois : les marbres de Versailles

DSC00953[1].jpgLa principale richesse de Caunes, c'est sa fameuse carrière de mar­bre rouge. Première servie, l'ancienne église abbatiale de Caunes est toute décorée de riches autels et de belles statues en marbre rosé.
Située sur le flanc de la Montagne Noire, son exploitation remonte de temps immémoriaux. Mais c'est principalement 948002097[1].jpgpendant la seconde partie du XVIIe siècle qu'elle acquit ses lettres de noblesse. C'est, en effet, le site de Cau­nes qui procura ces beaux marbres nuancés, allant du rosé à l'incarnat, qui servirent à la construction du Grand Trianon. Treize colonnes de sept mètres de haut furent taillées et transportées par chariot jusqu'à Carcassonne. Là, on en conserva une en réserve, acheminant les autres par voie d'eau (Canal du Midi, la mer et la Seine). La colonne mise en attente était destinée à remplacée celle qui aurait pu se briser en cours de route. Comme il n'y a pas eu d'incidents pendant le transport des dou­ze autres,  on 1'érigea au milieu du jardin des Plantes de Carcassonne où elle marque l'alignement du méridien de Paris. Aujourd'hui encore, on peut la voir en ce même emplacement.Trianon.jpg
Sous Louis XV, la Cour continua l'exploitation des carrières de Caunes pour embellir Versailles. En 1808, le marbre de Caunes fut choisi pour la construction de l'Arc de Triomphe du Carroussel. En 1862, il est préféré par l'architecte Garnier pour décorer l'Opéra de Paris. En 1937, il entra dans la construction du Palais de Chaillot.

De nos jours, le marbre de Caunes s'exporte dans le monde entier.  On en expédie jusqu'au Japon.
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SOURCES DOCUMENTAIRES : Entretien avec M. Pierre Silvestre de Caunes-Minervois; Giry (Abbé Joseph) Le Minervois, p. 170 (1978) ; Sicard (G.) Visite à Caunes-Minervois, Bulletin de la Société d’études scientifiques de l’Aude, t. XXXI, année 1927, p. 55.

 

Crédit photos : http://eldorad-oc.midiblogs.com/tag/caunes-minervois

30/03/2015

Mas-des-Cours : un fief templier.

Mas des cours.jpgVieux village fortifié, Mas-des-Cours était protégé par un châ­teau appartenant aux Templiers. De nos jours, ce n’est plus qu'une ruine. Une végétation impressionnante en recouvre pratiquement toutes les pier­res jusqu'à en faire oublier le souvenir de son existence.
Depuis le XVIle siècle, son délabrement est attesté par les relevés topographiques de Cassini et la carte diocésaine qui l'inscrit sous cette dénomination laconique: Cours des Templiers.
Au début du XIXe siècle, encore, ce château offrait de "beaux restes. Le vieil annaliste Viguerie a pu ainsi décrire ses fondations encore visi­bles et repérer « une voûte souterraine encore intacte ».

Jusqu'au XVIe siècle, ce château était encore habitable.Mas-des-Cours[1].jpg Pendant les guerres de Religion, les habitants du village s'y réfugièrent. On sait que le 6 juin 1575, les Huguenots s'en emparèrent. Il fallut des forces relativement importantes pour les en déloger. Le gouverneur de la cité de Carcassonne, Laviston, le fit bombarder par ses canons pendant plus de trois heures, envisageant pour le lendemain de le prendre d'assaut. Mais, dans la nuit, à la faveur d'une porte qui s'ouvrait sur la rivière, les Protestants l’évacuèrent discrètement.
En 1732, il est rapporté que Mgr de Besons, évêque janséniste de Carcassonne, voulut y établir son séminaire. Mais, finalement, ce projet resta sans suite en raison des très grandes réparations que sa remise en état aurait nécessité.

Comme tout bien templier, le château du Mas-des-Cours fut dévolu aux chevaliers de Malte, après l'extinction de l'Ordre du Temple. Bien que cette congrégation bénéficiaire possédait déjà des terres mitoyennes au Mas-des-Cours avec celles des Templiers, elle planta des bornes supplémentaires délimitant l'étendue de ses nouvelles propriétés.

Croix-de-Malte[1].jpgEn regard d'une borne frappée d'une crosse, témoignageCroix-latine[1].jpg d'une ancienne possession de l'Evêché de Carcassonne, on peut voir sur le territoire de la commune, deux autres bornes à environ deux km. du château ruiné des Tem­pliers. Elles sont gravées, sur la face regardant au Sud, d'une croix de Malte inscrite dans un cercle.

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SOURCES DOCUMENTAIRES : : Gavoy (L.) Excursion du 14 mai 1911 à Mas-des-Cours à Fajac-en-Val et à Villar-en-Val, in Bulletin de la société d’études scientifiques de l’Aude, t. 23, année 1912, p.115 Massiac (Y.) Mas-des-Cours: bornes seigneuriales, in Bulletin de la société d’études scientifiques de l’Aude, t.85, année 1985, p.172. Mahul (Alphonse) Cartulaire des communes de l'ancien diocèse de Carcassonne, t.1, p. 347 (1875).

Références Web : Excellent article de Christian Pioch : http://www.templiers.net/etudes/index.php?page=Chateau-des-Templiers-de-Cours. Crédit photos.

 

29/03/2015

Niort-de-Sault : Le castrum Aniorti.

En suivant le défilé du Rébenty, le petit village de Niort est l'une des dernières localités avant l'Ariège. Ce bourg est dominé par un rocher énorme sur lequel s'élevait jadis un de ces nids d'aigle inexpugnables. II commandait le passage descendant de la plaine de Belcaire et du col des "Sept Frères".».

800px-Piton-niort[1].jpgConstruit à l'origine par les rois wisigoths, il fut inféodé par les premiers comtes du Rhedesium avant d'être attribué, au XIIe  siècle, à une branche des comtes de Cerdagne, qui prit le titre de barons de Niort, ou Aniort.  Entre frères, ils se partagèrent les châteaux ou places de Gesse, Montaillou, Dournes et Castelpor. On sait avec quel courage, les frères Niort s'opposèrent, dans le Pays de Sault, à la progression des armées d'invasion de Simon de Montfort. Jusqu'au bout, ils tinrent leur serment de fidélité envers Raymond Trencavel.
En 1240, enfin, ils se soumirent à l'autorité du roi de France. Con­sidérant leur rang, on leur accorda quelques prébendes et indemnités, mais ils perdirent leurs châteaux, leurs forêts et leurs villages.
Gesse et Montaillou furent démantelés. Castelpor, Dournes et Niort subsistèrent.  Louis IX songea même à améliorer encore les défenses de ce château, lorsqu'il signa, avec le roi d'Aragon, en 1258, un traité lui cédant les droits de plusieurs contrées frontalières, dont le Pays de Sault.

Trois siècles plus tard, ce pays avait réintégré le giron de la couronne de France, lorsqu'en 1573  les Escalier-niort[1].JPGtroupes calvinistes de Jean de Lévis s'emparèrent de la forteresse de Niort. Ce n'était plus alors qu'une position vétuste ayant perdue depuis longtemps son importance stratégi­que. Les Protestants dépecèrent cette vaste carcasse. Puis, les gens du cru achevèrent sa déchéance. De nos jours, c'est à peine si les vestiges qui en subsistent laissent deviner son ampleur d’antan.
Au cours des années 30, on pouvait encore suivre la trace de ses remparts et de ses tours. Actuellement, on ne distingue plus qu'un escalier de pierre dune douzaine de marches et une sorte de vasque qui pourrait être plus une fontaine qu'une ancienne citerne.

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REFERENCES DOCUMENTAIRES  : Courrent (Dr Paul) Excursion à la grotte de l'Aguzou et à Usson, Bulletin de la société d’études scientifiques de l’Aude , t.40, 1936, p.91 ;  Fédié (Louis) Le comté du Razès et le dio­cèse d'Alet (1880), pp.294-300; Coincy Saint-Palais (Mme) Donjons et, castels au pays des Cathares (1964), pp.301-306; Durban Itinéraire en pays cathare (1976),  pp. 91-92.

crédit photos : Wikipédia.