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14/04/2015

Granès : Découverte du tombeau d'un chevalier.

L'anecdote qui va suivre ne peut être ni justifiée ni prouvée, pourtant elle est authentique.
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Début 1990, un entrepreneur de Campagne-sur-Aude est contacté par un agriculteur de Granès, qui veut effectuer des travaux de terrassement. L'homme lui propose de louer un « Bobcat », une mini-pelleteuse facile à ma-nier. Il prévoit de niveler un champ entre la D 46 et la cote 350. Quelques jours se sont écoulés, lorsque le godet rencontre un obstacle. En le déblayant, l'agriculteur s'aperçoit qu'en fait « d'obstacle », il a mis au jour un sarcophage. Le choc du métal sur la pierre a brisé la partie haute du tombeau. Mais sa surprise fut grande, en procédant à son désenfouissement, de comprendre que ce sarcophage avait été enfoui debout ! A l'intérieur, il découvrit les restes d'un homme encore vêtu de sa tenue et de ses armes. Notamment, une très belle et grande épée magnifiquement conservée !
Partagé entre le sentiment de faire reconnaître sa trouvaille et les ennuis qu'une telle démarche pourrait lui occasionner, il préféra se taire. Non seu­lement cela, mais voulut faire disparaître l'objet de ses craintes. Non sans avoir préalablement retiré l'épée du tombeau, il fit couler ensuite du béton dans la sépulture. Enfin, il nivela la terre pour que plus rien n'y paraisse. En saura-t-on davantage un jour ?
A peu près à la même époque, la presse locale évoqua également la découverte d'une épée mé­diévale, trouvée enfouie sur les berges d'un ruisseau coulant auprès du Bézu. Cet écho resta sans len­demain. Parlait-on de la même épée '!

13/04/2015

Serviè-en-Val : Le trésor gaulois.

477_001[1].jpgServiès se trouve à l'entrée d'une dépression appelée le Val de Dagne. Ce nom qui rappelle celui d'une petite ville proche de Narbonne, Villedaigne, pourrait bien dériver de Vallis Dianoe(le vallon de Diane).

A l'instar de cette même domination que l'on retrouve dans les Ardennes, il faut croire que ce nom choisi par les Gaulois eux-mêmes pour une forêt, se justifiait dans les Corbières par des coteaux garnis de bois et des sources plus abondantes qu'elles ne le sont de nos jours. C'est dans ce décor à consonnance mytho­logique que le  18 juillet 1839 un agriculteur de Serviès, M. Joseph Espinet, a mis au jour un ensemble de bijoux de la période celtique.
La découverte eut lieu à 600 mètres envi­ron du château de Servies, près de la source de la Tuile.

Depuis une trentaine d'années déjà, les paysans de l'endroit s'employaient à défri­cher peu à peu le coteau de laIMG (4).jpg Courtine. C'est sur le versant sud, à peu près au tiers de sa hauteur, que la trouvaille se produisit. On ne sait pratique-ment rien des circons­tances exactes qui entourèrent cette trou­vaille, sinon qu'elle eut lieu pendant un labourage. En échange, on dispose de la description précise des bijoux découverts. Il y avait trois barres carrées, longues de 45 cm, épaisses de 2 mm, tordues en spirales,- ces barres étaient recourbées aux extré­mités, formant des crochets de 3 cm de long; une barre de 45 cm, ayant 4 mm de section, travaillée en torsade, repliée aux extrémités en crochets de 4 cm s'adaptant l'une à l'autre; une barre de 50 cm de longueur, 6 mm de section, à corps hélicoïdal, recourbé à ses bouts en crochets de 5 cm de longueur; un torque, long de 65 cm, sorte de barre ronde travaillée en hélice, d'une section supérieure à 6 mm. Les crochets terminaux étaient renflés vers le milieu de leur dévelop­pement et ornés à cet endroit de quatre raies circulaires; la longueur des attaches aurait atteint jusqu'à 9 cm. Ces objets, en or, estimés par la suite au titre de 23 carats (l'or pur titre 24 carats), furent trouvés entiers ou brisés, mais re­pliés plusieurs fois sur eux-mêmes et liés entre eux en forme de faisceau. Il apparaît que les petites barres d'or étaient destinées à être converties en brace­lets ou torques. La pièce ouvragée qui fut trouvée semble la confirmation de cette impression.

C'est par erreur qu'il a été écrit par la suite que ces six pièces avaient été fondues. En réalité, elles passèrenttorque[1].jpg entre les mains d'un M. Marguier (les avait-il achetées à l'inven­teur ?) qui les revendit à un amateur d'objets anciens de Carcassonne, M. Auguste Escudié. Il est vrai qu'on ignore tout de ce que devint par la suite ce trésor. Il ne nous en reste plus que le dessin. Ce dessin, d'ailleurs que M. Cros-Mayre­vieille publie à la suite de son mémoire sur le trésor de Servies, comporte la représen­tation de trois monnaies, avers-revers. On sait, en effet, que dans le même temps où furent trouvés le torque et les ébouches, des monnaies lurent recueillies à environ 4 km de là, en un lieu appelé Lacam. C'étaient des pièces légèrement antérieures à la période romaine. Elles étaient du type dite à la croix ou à la roue. On ne sait combien il y en avait. M. Cros-Mayrevieille put s'en faire remettre six. « Parmi les médail­les qui ont été trouvées à Lacam, écrit-il, quatre  sont sans revers, ou avec des revers sur lesquels il est impossible de ne rien distinguer; sur l'un des côtés on voit la croix, la hache, l'annelet, le croissant, la bulle et l'olive, objet qu'on définit par leur forme et non par leur destination, ou la connaissance de l'usage auquel ils s'appli­quaient ».
Les deux autres monnaies lui ont paru plus représentatives : "l'une, à l'avers, présente la hache, le croissant, l'olive; au revers, la fleur de lotus (nenufar ou nymphée). L'au­tre, même avers; au revers, partie detête d'un travail très grossier." Ce sont ces pièces de monnaie que le dessinateur a reproduit sur son ouvrage. La troisième qui y figure fut trouvée tout à côté de la trouvaille des lingots. "Cette médaille d'or, pécise-t-on, est convexe d'un côté et concave de l'autre". Elle était alors la propriété d'un M. Auguste Aribaud, orfèvre à Carcassonne.
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SOURCE DOCUMENTAIRE : Cros-Mayrevieille, Mémoires sur des torques-cercles gaulois trouvés à Serviés-en-Val (Aude), in Mé­moires de la société archéologique du Midi de la France, t. 3, 1840).

12/04/2015

Limoux : la rançon d'une ville.

Bastion du protestantisme pen­dant les guerres de Religion, Limoux finit par tomber en 1588 entre les mains de Scipion de Joyeuse, dont la famille s'était faite la championne du catholicisme dans cette région.

images[3].jpgScipion était le frère cadet du favori d'Henri III, le fameux Anne de Joyeuse. Celui-ci avait trouvé une mort glorieuse, l'année précédente, le 20 octobre 1587, à la bataille de Coutras (Gironde). Après s'être emparé de plusieurs villages des environs de Carcassonne, il obtint, le 21 janvier 1588, la reddition de la petite place-forte de Brugairolles. Enfin, il mit à composition la ville de Limoux. Pour la punir de sa persistance à l'hérésie, Joyeuse l'imposa d'une rançon exorbitante de « cent mille pièces d'or ». Cette fortune acquittée, on perdit ensuite sa trace. Une rumeur veut qu'il l'ait enfoui en un lieu connu de lui seul. Par la suite, on retrouve Scipion aux côtés de son père Guillaume de Joyeuse, lieute­nant général en Languedoc, au siège de Carcassonne. Mais en 1592, il périt, noyé dans le Tarn, entraîné par son armée en déroute vaincue à la bataille de Villemur.
On peut comprendre que fauché par la mort en pleine jeunesse, il n'ait pas eu le temps d'aller retirer son trésor de la ca­chette où il l'avait déposé.